Histoire du Maroc
Description de l'afrique septrientale : region de Dèdes
L'opinion commune est qu'elle fut jadis édifiée par les Romains, mais je ne trouve aucun qui en fasse mention dans les histoires africaines, hors schérif Essacali, faisant mention en son oeuvre de quelque cité nommée Tedsi, située aux fins de Ségelmesse et Cara; mais il ne dit pas qu'elle fut édifiée au mont Dèdes; toutefois, par quelque conjecture, nous présumons que ce soit elle-même, parce qu'en cette région on ne voit aucune trace ni chose qui donnât matière de conjecturer qu'il y ait eu autre cité que celle-ci.
Les habitants du mont dades
Les habitants de la montagne sont inhabiles à tout, et négligents, résidants au creux des cavernes humides, là où ils se substantent de pain d'orge et de farine, qu'ils font bouillir avec du sel et de l'eau, et sont contraints de vivre en cette pauvreté et misère, à cause que la montagne ne leur produit autre chose qu'orge. Ils ont des ânes et chèvres en grande quantité, et vient assez salpêtre dans les cavernes où il habitent, m'assurant que si cette montagne était prochaine de l'Italie ou autre pays là où on le sait employer, qu'on en tirerait de revenu chaque année plus de vingt-cinq mille ducats; mais cette ignorante canaille sait autant à quoi il est bon comme ceux qui n'en ouïrent jamais parler. Davantage, ils se tiennent très mal en ordre, de sorte que la chair nue leur apparait en plusieurs endroits. Les lieux où ils habitent sont mal plaisants, jetant une odeur puante et mauvaise, comme de boucs et chèvres qu'ils y tiennent. En tout le pourpris de la montagne n'y a château ni cité qui soient fermés; mais leurs habitations se voient écartées, lesquelles sont bâties de pierres posées l'une sur l'autre, sans chaux et comme par dépit, puis couvertes de laves noire et déliées, selon l'usance de quelques lieu du territoire de Sise et Fabriau. Le reste, comme déjà mentionné, se tient dans les cavernes; une montagne pleine de puces, et dont les habitants sont traîtres, larrons et voleurs, qui tueraient un homme pour un oignon, vu qu'entre eux-mêmes ils prennent bien la pique pour moindre chose; et n'ont juge, ou homme qui s'aplique à vertu, mais demeurent oisifs, sans s'entremettre de faire la moindre chose que ce soit soit avec industrie, au moyen de quoi il ne se trouve aucun marchand qui y trafique ni fréquente; et si, par cas d'aventure, quelqu'un vient à passer par cette montagne, ou il est par eu dévalisé, ou bien, s'il y a quelque saufconduit de leurs chefs et principaux pour passer marchandise, ils le contraindront à payer la qurte partie plus de gabelle que sa marchandise ne monte. Leurs femmes en difformité se pourraient égaler et parangonner aux plus hideux et dépiteux esprits ou fantômes qu'on saurait feindre au plus profond d'enfer,attournées et revêtue de tels habits que peut mériter cette rare beauté et forme singulière; et si les hommes se tiennent mal en ordre, elle encore plus; voir et sont réduites quasi à plus grand travail que ne sont les ânes mêmes, pour autant qu'elles apportent le bois sur le dos et l'eau sur le cou, sans prendre peu ou point de repos.
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Dernière mise à jour: 2009-08-17 21:40
Auteur: obama
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