Histoire du Maroc
ID #1045
Maroc au 14 iemme siecles sous le regne des merinides
Segghème, Magran et Dèdes, montagnes en la même région Segghème Combien que la montagne Segghème regarde devers le midi, néanmoins elle est tenue par une montagne de Tedle, qui commence de la partie du ponant aux confins du mont de Tésavon, s'étendant devers levant jusqu'au mont de Magran, d'où provient le fleuve Oum Errabiaa, et de la partie du midi s confine avec le mont Dèdes. Les habitants sont en partie issus du peuple de Zanaga, et sont des gens dispos, agiles et vaillants en la guerre, là où étant, usent de pertuisance, épées tortes et poignards de même. Ils ruent aussi, quand besoin est, des pierres impétueusement d'une dextérité grande, et guerroient avec le peuple de Tedle, tellement que les marchands de ce pays-là ne sauraient passer sans sauf-conduit, ou sans consigner une grande somme d'argent à ceux des montagnes qui sont fort écartées les unes des autres, de sorte qu'on en trouvera bien peu souvent quatre ou cinq ensemble.Les habitants nourrissent des chèvres en grand nombre, et plusieurs mulets avec des ânes qui vont pâturant par ces montagnes; mais la plus grande partie d'iceux est par les lions dévorée. Ce peuple ne connaît aucun seigneur, à cause que la montagne est tant scabreuse et âpre, qu'elle est inexpugnable. Un jour,il prit envie au capitaine qui expugna Tedle, de faire une cours sur les terres de ceux-ci, qui, en ayant senti le vent après avoir levé une belle compagnie d'hommes vaillants et courageux, secrètement firent une embuscade le long d'une petite fente qui était sur la rive par où devaient passer les ennemis, lesquels n'eurenr pas plutôt aperçu et connu les chevaux avoir déjà monté une partie de la côte, qu'ils commencèrent à débarquer de leur aguets de tous côtés, en dardant pertuisanes, et faisant tomber sur leurs ennemis une pluies épaisse de très gros, mais plus durs cailloux, et, avec une impétuosité grande et tumultueuse, déchargèrent si vivement sur eu, que le capitaine et ses gens perdirent en un même temps les deux principaux points qui sont requis à tout brave et belliqueux soldat; c'est à savoir la force et le courage, ne pouvant plus contenir une si lourde et pesante décharge, et (pis encore) tout moyen de pouvoir s'avancer et démarcher leur était ôté, tellement que le lieu les contraignait de venir aux prises, si que plusieurs trébuchaient du haut en bas avec leurs chevaux, qui e dénouaient le col, et ceux qui demeuraient, ne recevaient pas plus doux traitement que les autres, qui se laissaient précipiter; car ce que leur désastre ou malheureux destin leur niait, le ennemis leur appareillaient, de sorte qu'il ne s'en sauva pas un qui ne fût mort ou pris. Si est-ce qu'en cette infortune les morts eurent plus grand avantage que les captifs; car ceux-là avaient goûté une fois seulement ce dur breuvage, qui, pour sa grande amertume, est odieux à tous, et ceux-ci mouraient mille fois le jour pour ne pouvoir mourir, parce que les vainqueurs rendirent les vaincus entre les mains de leurs femmes, qui, d'une inhumanité incomparable et trop grande cruauté, les taillaient et découpaient leur peau en cent façons, sans leur donner le coup de la mort, pour les rendre plus passionnés et rengréner leur martyre; supplice que les hommes se dédaignaient leur faire endurer, à cause qu'ils réputent à grande honte et vilaine de mettre la main sur un captif ou prisonnier, au moyen de quoi ils les font ainsi caresser par leur femmes, tant pleine d'inhumanité. Il est vrai qu'ayant exercé telles cruautés, ils ne s'osèrent plus trouver ni pratiquer dedans Tedle, qui était le moindre de leurs soucis et pansement, parce que leur montagne est abondante en orge, bétail et fontaines, dont le nombre excède celui des maisons, n'ayant autre incommodité, sinon qu'ils ne peuvent trafiquer ni exercer le train de marchandise.
Tags: maghreb
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Dernière mise à jour: 2009-08-17 21:41
Auteur: obama
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