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Histoire du maghreb d'après Ibn Khaldoun, Abou Obeid El bekri et Leon L'africain ...

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Histoire du Maroc

ID #1047

Meknes histoire et origine de la ville

Mecnase est une grande cité édifiées par un peuple ainsi nommé,duquel elle a retenu le nom, et est distante de Fez de 36 milles, de Salla 50, et 15 d'Atlas, contenant près de six mille foyers; car elle est bien habitée et peuplée de gens qui vécurent longuement en bonne paix et union pendant qu'ils habitèrent en la campagne; mais depuis se formalisèrent, émouvant noises et débats entres eux, tellemnt qu'ils vinrent à s'attacher, dont la partie qui se trouva victorieuse priva l'autre du bétail, et l'expulsa de la campagne, au moyen de quoi elle se mit à fabriquer cette cité, qui est située en une très belle plaine, près d'un fleuve qui la côtoie; et le contour, par l'espace de trois milles, est tout en jardins, dont les fruits sont bons en toute perfection, mêmement les pommes de coing savoureuses et odorantes, avec des grenades de grosseur autant admirables, comme de singulière et rare bonté, parce qu'elles n'ont point d'os, et néanmoins elles se donnent comme pour rien.

Il y a semblablement des pommes de demas blanches en grande quantité, et de jujubes, que les habitants mettent sécher pour les manger en temps d'hiver, puis en portent vendre à Fez la plus grande

partie. Les figues y sont aussi en grande abondance, et des raisin de treilles, qu'ils mangent frais, et les figues par même moyen; car, voulant les faire sécher, elles se convertissent en poudre comme farine; et le raisin, quand il est sec, demeure sans humeur et saveur. Ils ont aussi des abricots et pêches, de quoi ils ne tiennent compte, partie pour l'abondance, et pour autant aussi qu'elles ne sont pas fort savoureuses, pour être toutes pleines d'eau, et de couleur tirant ur le vert. Les olives y croissent en quantité, et se vendent le quintal, qui est de cent livres italiennes, un ducat et demi.

Finalement, ce terroir est très fertile, et produit avec ce une infinité de lin, dont la plu grande partie est transportée à Fez.

 

La cité est bien en ordre, et embellie de temples fort semptueux, collèges et étuves fort grandes, et on y tient le marché chaque lundi au dehors, là où s'achemine grande quantité d'Arabes, qui en sont prochains, lesquels y mènent boeufs, moutons et autres bêtes, portant du beurre et de la laine, qu'ils laisent à bon marché. 

 

Du temps de Léon l'Africain, le roi a donné cette citè au prince pour ce qui lui peut appartenir, dont le revenu de territoire d'icelle pourrait autant valoir comme la tierce partie du royaume de Fez.

Mais les guerres passées qui ont été entre les princes de ces régions-là l'ont fort incommodée; et ne s'est faite guerre qui ne l'ait empirée de trente ou quarante mille ducats, voire jusqu'à soutenir quelquefois le siège par l'espace de 7 ans continuels.

 

Quand le roi de Fez entra en possession de son royaume; un cousin à lui, qui vait ggné le peuple, se révolta; ce que voyant le seigneur, fit marcher sa gendarmerie, et le vint assiéger dans cette cité, où il demeura campé par l'espace de deux mois; de quoi ne faisant compte les citoyens, le roi gâta toutes leurs possessions, qui fut cause de l'endonmager de vongt mille ducats. enfin, quelques-uns favorisant le roi, trouvèrent moyen d'ouvrir une porte, et soutenant bravement la charge des contrariants, donnprent bon loisir au roi de pouvoir y entrer.

Ainsi la cité retourna encore sous sa puissance, et mena son cousin prisonnier à Fez, lequel trouvapuis le moyen d'échapper et gagner le haut.

Or, cette cité est belle, abondante, bien fermée, et très forte; le rues belles, bien aérées et plaisantes, avec ce que l'eau y et souverainement bonne, s'écoulant par un conduit qui vient de trois milles loins dans la cité, la distribuant par les temples, forteresses, collèges et étuves. Les moulins sont tous hors de la cité environ deux milles, et les habitants sont fort belliqueux, bien exercés en la discipline militaire, libéraux et civils, mais plutôt de gros esprit qu'autrement, et exercent tous l'ètat de marchandise, tant gens nobles comme non-nobles; tellement, que venant au besoin, le plus apparent citoyen de la ville ne se dédaignera de charger une bête de semence pour l'envoyer aux champs.

 

Les habitants de cette cité ont le peuple de Fez en grande haine, sans savoir pourquoi ni comment.

 

Les femmes des gentilshommes ne sortent point de leur maison sinon la nuit, et se couvrent le visage, ne voulant être vues couvertes ni découvertes, à cause que leurs maris sont jaloux et dangereux quant aux choses qui concernent l'état de leurs femmes.

 

La cité n'est pas fort plaisante pour les eaux et fanges qui y sont en temps d'hiver.

 

 

Tags: meknes villemaroc

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Dernière mise à jour: 2009-08-21 19:27
Auteur: obama
Révision: 1.0

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