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Histoire du maghreb d'après Ibn Khaldoun, Abou Obeid El bekri et Leon L'africain ...

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Histoire du Maroc

ID #1049

Histoire de Badis ville du Rif

Bédis est une cité assise sur la mer Méditerranée, et qui contient environ 600 foyers, et par le Espagnoles, nommée Velles de Guméra.

 

Quelques historiens disent qu'elle fut édifiée des Africains, les autre par les Goths; mais comme qu'il en soit, elle st située entre deux très hautes montagnes, et près d'une grande vallée, laquelle, en temps de pluie, reçoit un si grand amas d'eau qui s'écoule des lieux adjacents, qu'elle ressemble à un grand fleuve.

 

Dans la cité se trouve une place garnie de plusieurs boutiques, et d'un temple de grandeur moyenne; mais il n'y a eau qui soit bonne à boire.

Au dehors, se voit un puits où est la sépulture d'un de leurs saints; mais pour la grande quantité des sangsues qui y sont, il est très dangereux de tirer l'eau de nuit.

 

Les habitants sont divisés en deux parties, dont les uns sont pêcheurs, et les autres corsaires, qui, avec leurs fustes, vont écumant et robant sur la mer des chrétiens.

 

La cité est environnée de hautes montagnes raides et scabreuses, là où l'on prend de très bon bois pour faire fuste et galères; et les montagnards n'ont autre moyen pour gagner leur vie, qu'à porter ce bois en plusieurs et divers lieux.

Le froment y est rare, qui est la cause que les habitants n'usent d'autre pain que d'orge; mais ils ont des sardines en grande quantité, et d'autres poissons, qu'ils prennent en telle

abondance, qu'il faut, coup sur coup, quelqu'un auprès d'eux pour les aides à tirer les rêts hors de l'eau, au moyen de quoi plusieurs pauvres hommes ont coutume de venir tous les matins sur le ribage, qui, pour récompense, reçoivent une bonne partie des poissons de la pêche, de laquelle on fait semblablement part à ceux qui s'y trouvent présents; et salent les sardines pour les transporter et vendre çà et là par les montagnes.

Dedans la cité il y a une très belle et large rue, là où se tiennent les juifs, entre lesquels se vend le vin, qui semble aux habitants une divine et supernaturelle liqueur, et s'en vont quasi tous les sirs sur leurs barquettes, avec lesquels ils s'éloignent assez de terre, ne se délectant à autre chose qu'à boir et à chanter.

 

Il y a dans la cité un lieu plus beau que fort, là où l seigneur fait sa demeurance, et tout auprès, un palais somptueux avec un jardin très plaisant.

Davantage, hors d'icelle à côté de la marine, il y a un petit arsenal, là où se faisait coutimièrement quelque fuste, galère ou barque, à cause que le seigneur et ses citoyens armaient quelques fustes, qu'ils envoyaient courir sur les limites et rivages des chrétiens, dont ils faisaient de grands dommage; au moyen de quoi don Ferrand, roi d'Espagne, mit sus une grosse armée, qui prit de prime abordée une île qui était à l'objet de cette citè, et distante d'elle par l'espace d'un mille, et là fit élever une forteresse sur un roc, qu'il garnit de braves soldats, munitions et bonne artillerie, laquelle molestait et rangeait en sorte ceux qui tenaient bon dans la cité, qu'elle battait les personnes jusqu'aux temples et rues, dont le seigneur, se voyant réduit à telle extrèmité, envoya demander secours au roi de Fez, qui expédia une grande fanterie pour tirer à la volte de cette île, à laquelle ètant parvenue, fut rembarrée d'une si brave sorte, que partie fut mise à une mort cruelle; ce qui resta fut détenu, à part quelques uns, qui trouvèrent moyen de s'en retourner à Fez; tellement que les chrétiens tinrent cette île pendant deux ans, au bout desquels (par la menée secrète d'un soldat espagnol, qui tua le capitaine pour lui avoir fait les cornes) elle fut mise et retourna entre les mains des Maures, qui ne faillirent de faire passer tous les chrétiens par le fil de leurs épées, hors celui qui, par trahison, avait livré la place, dont il fut assez bien récompensé par le roi de Fez et seigneur de bédis.

 

Le seigneur garde aujourd'hui (sic) cette île fort diligemment, et lui porte le roi de Fez une très grande faveur, parce que là est le plus prochain port de la cité de Fez, combien qu'il y ait d'intervalle d'un à autre lieu environ 30 milles; et ont coutume les galères vénitiennes de surgir en ce port au but de deux ou trois ans, pour troquer marchandise de laquelle ils vendent encore en comptant, et en y amènent les Maures semblablement, même depuis ce port jusqu'à Thunes, et souvent à Venise, ou jusqu'en Alexandrie et Barut.

 

Tags: Badis

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Dernière mise à jour: 2009-08-21 19:32
Auteur: obama
Révision: 1.0

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