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3/10/2008 Le cèdre du Moyen-Atlas menacé

Il ne se passe pas un jour sans qu'on constate une agression contre le cèdre du Moyen Atlas. Chaque jour nous rapproche de la disparition de l'arbre le plus convoité par des abatteurs clandestins.

Chaque jour nous fournit son lot d'informations alarmantes sur les dangers réels qui guettent cette richesse forestière nationale voire mondiale. Un patrimoine qui se dilapide à chaque instant. Un carnage à l'encontre d'un trésor inestimable, celui que les connaisseurs comme Michel Tarrier appellent «or vert».

La cédraie du Moyen Atlas souffre d'abattage clandestin à outrance, de surpâturage, de déboisement, de sécheresse et d'une maffia bien équipée et mieux organisée que les soi-disant protecteurs souvent corrompus et sans scrupules.

Depuis belle lurette, les spécialistes sont catégoriques et tiennent des discours alarmistes à ce propos : La cédraie est gravement malade. Si des interventions draconiennes ne sont pas entreprises, il faut envisager le pire.

Le constat est sérieusement inquiétant au sujet d'une cédraie qui représente la plus importante superficie de la Méditerrannée.

Un patrimoine unique et fragile qui a besoin d'être sauvé dans l'immédiat et qu'on fait semblant de protéger. Pire, au nom de cette protection, on se cherche de l'argent du pays à travers le monde pour le dilapider ensuite en finançant des stratégies et des méthodes inadéquates, au point qu'elles risquent de compromettre l'avenir de cet arbre et celui de nos enfants.

Au Liban où la superficie de la cédraie est inférieure à celle du Moyen Atlas, on accorde une place privilégiée à cet arbre millénaire et légendaire. On le rehausse au rang de symbole national. Chanté par les grands comme Khalil Jabrane ou Lamartine, le cèdre du Liban est un symbole politique.

Les cèdres sont l'emblème du drapeau. Les Libanais le considèrent comme un monument historique et c'est un atout économique dans la mesure où les touristes viennent du monde entier voir l'arbre qui véhicule une signification particulière. Dans l'Himalaya, le cèdre (cèdres deodara) signifie arbre des Dieux en raison de la vénération dont il était l'objet vu sa majesté. Chez eux, chaque jour apporte son lot de nouveautés en matière de protection que de nouveaux inconditionnels de la préservation de l'arbre qu'on appelle chez nous «Arez» de l'hébreu «Erez», utilisent dans la construction des temples pour ses senteurs qui éloignent les insectes et les vers.

Libération (Casablanca)