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10/07/2009 Le travail des petites bonnes soulève des inquiétudes

Le travail des petites bonnes constitue encore un phénomène inquiétant au Maroc en dépit de nombreuses campagnes de sensibilisation. Quatre ONG ont décidé samedi 4 juillet à Rabat de créer un collectif pour travailler à la disparition d'un phénomène qu'elles considèrent comme un type d'esclavage.

La Fondation Orient - Occident, l’Association INSAF (Institut National de Solidarité avec les Femmes en détresse), Amnesty International et l’AMDH (Association Marocaine des Droits de l'Homme) considèrent que le travail des petites filles est une forme d’esclavage car il constitue une traite d’êtres humains. Ces instances ont organisé leur premier forum avec des représentants du gouvernement pour mettre en place un cadre légal visant à pénaliser l'emploi de jeunes filles mineures comme petites bonnes.

"Une nouvelle législation s’avère aujourd’hui plus que jamais indispensable et doit être accompagnée de mécanismes de mise en œuvre définissant avec clarté les responsabilités des personnes concernées", a déclaré la présidente de la Fondation Orient-Occident, Yasmina Filali.

Les participants à cette rencontre ont reconnu que l'emploi de jeunes filles âgées de moins de 15 ans devait être sévèrement puni.

Le forum recommande également l’incrimination de la non-dénonciation de l’emploi d’une petite fille, la poursuite des réseaux d’intermédiation et les employeurs, ainsi que l’instauration de structures d’accueil des victimes pour les soutenir psychologiquement et les scolariser.

Le collectif signale par ailleurs que la législation à elle seule ne suffit pas et qu'elle doit s'accompagner d'une stratégie efficace de sensibilisation. Aussi a-t-il décidé de lancer un débat public pour sensibiliser les consciences, informer l’opinion publique et mobiliser la presse au niveau national et international.

"Il faut conjuguer les efforts de tous pour stopper ce fléau qui fait des ravages au Maroc”, explique Mme Filali.

La fondation Orient-Occident travaille depuis plus de trois ans avec l'INSAF dans la région de Chichaoua, d'où sont originaires de nombreuses fillettes employées comme petites bonnes. L'INSAF et la fondation sensibilisent les parents et les écoles pour leur montrer le poids du phénomène.

Nabila Tber, directrice de l’INSAF, explique que son organisation essaie, à travers un programme de réintégration scolaire, de changer les mentalités des parents qui croient que le travail de leurs filles leur sera bénéfique.

Elle tente également d'instaurer une relation de confiance entre les écoles et les familles.

Le ministère du Développement social, de la Famille et de la Solidarité encourage ce type d'initiative, qui vient soutenir l'action gouvernementale. Le ministre Nouzha Skelli s’est fixé pour objectif d’éradiquer le phénomène des petites bonnes à l’horizon 2010. Cela dépendra, dit-elle, de la conjugaison des efforts de tous les partenaires.
Un projet de loi destiné à mettre un terme au travail des enfants est actuellement à l'étude au secrétariat général du gouvernement.

Si le travail des enfants n'est pas éradiqué, explique le ministère, il ne sera pas possible de parvenir à la généralisation de l'enseignement scolaire.

"Le gouvernement et les associations doivent réfléchir à une législation sévère afin de parvenir à changer la mentalité de bon nombre de Marocains qui ne voient pas en l’emploi des filles de moins de 15 ans un crime contre l’humanité", affirme la sociologue Naïma Mourabiti.

"On a beau faire des campagnes de sensibilisation, on n’arrivera pas aux objectifs voulus. Il faut que ceux qui emploient des petites filles sachent que leur action est un crime puni par la loi."

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