19/03/2010 PME: Gros retards pour la croissance!
On le sait. Le développement des PME familiales demeure étroitement lié à la levée de nombreuses contraintes, dont l’architecture de la croissance. Le projet d’étude du Groupe de Recherche sur les Entreprises Familiales et les Stratégies des Organisation (GREFSO), en partenariat avec Euromed Management s’est penché récemment sur la question dans le cadre d’un colloque international tenu à Marrakech.Organisé par la Faculté des sciences économiques, juridiques et sociales avec la participation des doctorants, les questions de la diversité, d’égalité des chances au sein des PME familiales marocaines étaient au cœur des débats. Des chercheurs en provenance d’universités françaises et de bureaux d’études, ainsi que leurs homologues marocains ont mis sous la loupe le concept de la croissance. Ils ont identifié les facteurs clés, et les leviers á mobiliser pour stimuler un véritable processus de croissance au sein des PME familiales.
Ainsi, les débats ont porté sur six leviers. A savoir: les pratiques d’innovation, l’intégration des TIC, et des démarches qualité, les pratiques de gestion des ressources humaines, le financement de la croissance et l’ouverture à l’exportation. En dépit des difficultés du contexte de croissance, certaines PME familiales marocaines affichent des taux de croissance supérieurs à la moyenne. Ils contribuent selon leur taille et le secteur d’activité à la croissance économique et à l’emploi. Au Maroc, la PME est la dominante du secteur de l’entreprise notamment dans le textile et l’artisanat. Le secteur des services aussi. Elle est celle qui subit de plein fouet les conséquences de la crise financière et économique qui s’en est suivi. La PME familiale à forte croissance reste néanmoins méconnue des chercheurs et des décideurs.
Selon les PME, les capacités limitées d’investissement de ces structures, la sous-capitalisation, ou encore le déficit en termes de capacités managerielles sont derrière ce retard dans le développement. Quelles sont les vraies dominantes en termes de contraintes? On ne peut pas vraiment se prononcer. C’est, justement, la rareté des études explorant les obstacles particuliers dont souffrent les PME en général et les PME familiales en particulier, qui contribue au retard de la croissance de celles-ci.
Seuls constats déclarés: l’amélioration de la croissance de l’économie du Maroc qui s’est appuyée, ces dernières années, essentiellement sur la dynamisation de l’investissement des PME. D’après la CGEM, la PME au Maroc représente plus de 95% des entreprises, et occupe 50% des salariés. Elle réalise 31% des exportations, 51% des investissements nationaux et 40% de la production. Mais sa participation au PIB se limite à environ 20% contre 60% dans certains pays. Le colloque de Marrakech a été justement l’occasion de recueillir des témoignages d’entrepreneurs qui ont réussi et étendu leurs activités, et de faire dialoguer des universitaires, les acteurs publics et privés.
GREFSO
Le projet d’étude du GREFSO participe de la volonté d’étudier la place qu’occupe la croissance dans la vision et le projet de développement des PME au Maroc. Il vise en outre à analyser les mécanismes et les leviers mobilisés par ces entreprises dans leur processus de croissance d’une part, et de comprendre les défis et les obstacles qu’elles rencontrent lorsqu’il s’agit de maintenir leur croissance.
Hafsa BENMCHICH
L'Economiste