Les idées reçues sur le Maroc
« Tous les Marocains parlent français »
Au Maroc, l’arabe est la langue officielle. Cet arabe, dit classique, est une langue savante apprise à l’école. C’est la langue de l’écrit. L’arabe parlé marocain, ou darija, est la langue maternelle. Celle-ci incorpore de très nombreux termes amazighes ou européens, ce qui l’individualise au sein des langues arabes.
La langue française conserve une place majeure dans ce paysage. Elle est d’usage courant dans l’administration (hormis la justice et les affaires religieuses), dont les écrits sont bilingues, dans le monde des affaires, mais aussi dans le secteur économique des grandes sociétés, dans la finance et le tourisme. Certains secteurs comme la médecine sont presque exclusivement francophones. C’est pourquoi, en dépit du processus d’arabisation, le français demeure obligatoire dans l’enseignement public marocain. Son enseignement commence dans le primaire, se poursuit dans le secondaire, au point que tout bachelier est susceptible, le cas échéant, de suivre des études supérieures en français.
En réalité, de grandes inégalités subsistent dans l’accès et la maîtrise de la langue française. Près d’un Marocain sur deux est analphabète et trois femmes rurales sur quatre le sont aussi. On estime ainsi que la moitié de la population alphabétisée est francophone. Dans cette population, on évalue que 150000 à 200000, appartenant aux couches supérieures de la société, sont les produits des écoles françaises. Cette élite francophone est souvent en relation avec les élites françaises c’est pourquoi ceux-ci pensent que « tous les Marocains parlent français ».Il y aurait environ 3 millions de Marocains qui possèdent une bonne maîtrise du français et entre 5 à 10 millions qui n’en ont qu’une connaissance approximative.
La jeunesse marocaine est pourtant avide de parler français, encouragée par les millions d’expatriés qui rentrent en vacances durant l’été ou pour les fêtes religieuses.Leur richesse matérielle relative pousse une partie de la jeunesse vers l’apprentissage du français, qui est un visa pour l’émigration.Les Marocains modestes ont également compris l’intérêt d’apprendre le français ; avec 50 ou 100 mots, des millions de Marocains, enfants des médinas et des zones touristiques , chaouchs, boutiques et revendeurs, peuvent gagner leur vie.
Tags: usage courant médecine administration finance affaires
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Dernière mise à jour: 2011-12-29 19:55
Auteur: obama
Révision: 1.2
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