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Le supplice de la faucille
« Au village de Moulay Bou-Chta-Khammar, je vis une chose atroce. Le supplice de 5 voleurs ».Récit horrifié de Auguste Mouliéras.
La veille, 5 maraudeurs de Cenhadja, une tribu ennemie, avaient été pris, vers minuit, en flagrant délit de tentative de vol. Le conseil municipal, la joie au cœur,prononça la terrible condamnation : l’application du collyre, euphémisme odieux, signifiant littéralement : aveuglement, action de crever les yeux.
Les mains attachées derrière le dos, les coupables parurent. Le bourreau, mandé sur le champ, reçut l’ordre de faire chauffer la faucille destinée à leur arracher la vue. Après avoir planté l’instrument dans les charbons ardents de son fourneau, il dit qu’il était prêt.
Alors chaque condamné fut jeté à terre, solidement cloué sur le sol. D’une main sûre, le bourreau introduisait le fer rouge entre les paupières et appuyait fortement. Un cri surhumain retentissait, et la faucille passait à l’autre œil, qu’elle crevait de la même façon. Le supplice des 5 misérables étant terminé, la tribu expédia le petit billet suivant à la tribu des Cenhadja :
- O Cenhadja,venez chercher vos frères. Nous les avons éborgnés.
Les Cenhadjiens, au nombre de 100 fusils, vinrent dans la tribu de Méziath, qui était en bons termes avec les Mithioua, et ce furent les indigènes de Méziath qui allèrent chercher les 5 aveugles et les amenèrent dans leur tribu. Leur retour à Cenhadja devint le signal de lamentations générales. On jura de venger lesfrères martyrisés, et, depuis lors, la guerre dure en permanence entre Mithioua et Cenhadja.
Auguste Moulliéras, Le Maroc inconnu, Paris, 1899.
Tags: punition tribu guerre martyre
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Dernière mise à jour: 2009-07-09 17:18
Auteur: obama
Révision: 1.2
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